La Nature en ville, une réalité méconnue

Nature en ville - toiture végétalisée

A l’occasion de la Fête de la Nature, B2E vous propose de faire un point sur la Nature en ville avec l’entreprise BE Nat’. Voici 5 idées reçues sur cette thématique.

#1 – En ville, il y a très peu d’espèces animales ou végétales

FAUX : Vous croisez même beaucoup d’espèces différentes sans vous en rendre compte. Regardez au pied des arbres, sur les anfractuosités des murs, dans les parcs et jardins. Quelques chiffres :

  • Une récente étude menée sur 30 toitures végétalisées francilienne a dénombrée 303 espèces d’invertébrés (dont 244 insectes) et 268 espèces floristiques, dont 70% poussent spontanément (Grooves, 2018).
  • A Paris, plus de 2900 espèces sauvages différentes (animales et végétales) ont été recensées (Atlas de la Nature à Paris, 2006)

#2 – Les espaces verts urbains ont surtout une vocation ornementale

FAUX : Les espaces verts assurent différentes fonctions indispensables pour :

  • La faune (nourrissage, lieu de refuge, de reproduction…)
  • L’Homme (loisirs, création de lien social, effet positif sur la santé…)
  • Sans oublier les fonctions générales indispensables, telles que : la régulation du climat, l’atténuation de la pollution, la lutte contre l’érosion des sols, l’infiltration des eaux de pluie…

A titre d’exemple, il a été démontré que les sorties extrascolaires dans des espaces verts réduisent les symptômes du trouble du déficit de l’attention plus efficacement que les sorties en intérieur ou dans des lieux extérieurs construits (Kuo, Taylor – 2004). En outre, la simple présence de plantes dans des bureaux permettraient d’améliorer la sensation de bien-être de 84% (Faculté d’agronomie d’Oslo).

#3 – Plus on souhaite favoriser la biodiversité, plus on devra passer du temps à la gérer

OUI et NON. Les espaces verts ornementaux à l’esthétique très travaillée demandent effectivement des temps de gestion importants. Néanmoins, il est également possible de prévoir des espaces plus libre avec, par exemple, des prairies fleuries ou des plantes vivaces. On parle alors de gestion différenciée des espaces verts. Il s’agit d’un protocole de gestion et d’entretien adapté à chaque espace vert, en fonction de la nature du sol, des activités pratiquées, etc… On notera que :

  • Une prairie demande 5 fois moins de temps d’entretien qu’une pelouse
  • Un massif de vivaces demande 3 fois moins de temps d’entretien qu’un massif de (bis)annuelles

#4 – Mettre une ruche sur son toit c’est toujours une bonne idée

FAUX. Il s’agit surement de la fausse bonne idée la plus répandue en ville. En effet, en milieu urbain, les ressources mellifères sont limitées. Une concurrence s’installe donc entre l’abeille domestique (Apis mellifera) et les abeilles sauvages. En outre, l’espèce domestique peut être porteuse de maladies contagieuses qu’elle transmet aux espèces sauvages indigènes (Observatoire des Abeilles, 2015)

La vraie bonne idée est donc de planter des espèces végétales mellifères diversifiées. C’est bon pour toutes les abeilles et les autres insectes pollinisateurs.

#5 – La Trame verte et bleue ça ne concerne que les collectivités territoriales

FAUX. Certaines espèces se déplacent en « pas japonais », très fréquent en milieu urbain. Elles vont se rendre d’un espace favorable à un autre, en traversant, sur de courtes distances, les espaces non favorables. Les collectivités, mais aussi les aménageurs et les citoyens, peuvent donc favoriser ce déplacement en végétalisant la ville et le bâti.

Nb : La Trame verte et bleue est un réseau formé de continuités écologiques terrestres et aquatiques. Elle contribue à l’amélioration de l’état de conservation des habitats naturels et des espèces. On parle aussi de trame brune pour la continuité des sols.

Chiffres sur la Nature en ville

« Il existe aujourd’hui différents outils pour (re)végétaliser la ville. Ils peuvent être réglementaires (PLU – Plan Locaux d’Urbanisme), techniques (systèmes de végétalisation du bâti) ou incitatifs (Labels BiodiverCity ou Effinature). Chaque acteur peut ainsi contribuer au développement de la biodiversité urbaine. »


Jean-Marie FOURNIER – BE Nat’, Bureau d’étude spécialisé en écologie.

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